• Chapitre 9 (Barbapapa)

    « Ecoutes Alex ! Ca fait aujourd’hui 35 ans que c’est arrivé ! Et comme chaque année, on vient faire notre pèlerinage ! On a refait nos vies ! On est reparti de rien ! On ne s’en est pas mal sorti, même si ça a été difficile ! Alors, tes états d’âmes stomacaux annuels chaque fois que tu prends une mousse au chocolat juste parce que tu fais un trou au centre … »

    « Oui ! Tu te souviens lorsque l’on s’est retrouvé. On a passé la journée au bord du gouffre. Et ce n’est que le lendemain matin qu’on a réussi à bouger de là ! »

    Comme chaque année Alexandre reparti dans la narration de cette première journée de « l’après ».

    Cette journée où Max se rendit compte qu’il n’avait plus rien.

    Cette journée où avec Alexandre, ils décidèrent  d’utiliser le peu d’argent liquide qu’ils avaient sur eux pour louer une chambre dans un motel sordide.

    Cette journée où épuisés d’avoir passés près de 24 heures, abasourdis, assis au bord du gouffre, ne réalisant pas complètement que pour eux, c’était le premier jour d’une nouvelle vie, ils s’endormirent ensemble sur le lit de cette chambre au papier peint démodé.

    Comme chaque année depuis 35 ans, ce jour anniversaire était celui où Alexandre retournait dans le passé et où il était incapable de vivre le présent.

    Le seul jour de l’année où il n’était plus lui-même, mais une sorte de zombie.

    Comme chaque année depuis 35 ans, Max et Alexandre, avaient parcourus plusieurs kilomètres à pied, le long du muret qui avait été construit autour du cratère toujours à ciel ouvert et sur lequel avaient été gravés les noms de tous les disparus dans la catastrophe, avant de se recueillir en regardant le cratère qui semblait chaque année un peu plus profond.

    Comme chaque année Max avait écouté Alexandre se replonger dans ce passé révolu, mais qui redevenait son présent à chaque date anniversaire de la catastrophe.

    Chaque année Alexandre replongait seul et parlait de cette journée qui avait marqué le début de leur nouvelle vie.

    Ce bouleversement national avait totalement remanié leurs vies aussi.

    Cette journée où la vie les avait réunis et après laquelle, ils ne s’étaient plus quittés.