• Chapitre 6 (Mimi)

    Il se rappelait de ses moments de brouillard dans sa vie.

    Il ne savait plus comment tout avait commencé ni quand. Il était tombé dans cette spirale de la dépression sans vraiment s'en rendre compte jusqu'à ce qu'il sombre définitivement.

    Tout était si confus dans son esprit. Les souvenirs qui lui revenaient été plus des cauchemars que la vie réelle mais il ne pouvait se réveiller.

    Il avait passé la plupart de son temps chez lui enfermé à cause de son agoraphobie qui l'empêchait de sortir.

    Au départ, il arrêta d'aller en boite de nuit puis ce fut les magasins et enfin juste le fait de mettre le nez dehors le tuait sur place.

    Sa peur était devenue une maladie, une petite mort: entre les palpitations et les tremblements, il sentait que son corps le lâcheait

    Il dut abandonner son métier par peur de rencontrer des gens, être commercial et névrosé ne fait vraiment pas bon ménage.

    Ses amis venaient lui rendre visite de temps en temps puis plus jamais à force de voir Max au plus bas de son spleen.

    Il avait perdu beaucoup de poids, avait arrêté de se raser et ne prenait même plus la peine de s'habiller.

    Il passait ses journées avec ce vieux peignoir gris-noir qui au fil des années ne ressemblait plus à rien. Les poches ne tenaient que par un fil, les manches étaient mangées au bout à cause des crises d'angoisses que Max avait quand il devait répondre à la porte lorsque celle-ci sonné.

    Comment s'en est-il sorti ? Cela aussi, c'est une drôle d'histoire.

    Comme il ne sortait plus, il avait pris l'habitude de passer toutes ses journées à surfer sur la toile et à discuter le plus souvent de ses angoisses avec des personnes comme lui.

    Il se sentait alors moins seul et pouvait partager cette peur qui l'avait envahi. Il n'avait pas besoin de mentir avec eux, il pouvait enfin être libre de ses propos, de ses envies, de ses fantasmes.

    Les jours, les mois, les heures, il ne savait plus ce que cela voulait dire.

    Il avait même arrêté de croire en Dieu. Cela lui était venu d'un coup. Pourquoi croire en quelqu'un qu'on n'a jamais vu.

    Il passa beaucoup de temps à lire toutes sortes de livres : aventure, science fiction, histoire, politique, tout ce qu'il pouvait bien trouver.

    Il avait beaucoup de temps, trop de temps.

    A force de lire, il décida d'écrire. Mais qu'est-ce qu'un angoissé de la vie peut-il bien écrire ?